Extrait du T.U. Janvier 1958

Un périodique pour jeunesIMG_0007

Mon ami. Monsieur BRUNEL, me communique son texte avant de I ’envoyer à l’impression. Pourquoi, grands dieux ?

Non pour que je le revoie ou le Censure. De quel droit le ferais-je?

Bien plutôt, je crois, au nom de L’amitié et en raison d’efforts accomplis en commun pour assurer la vie à ce jeune périodique qu’est

« TROUBADOUR ».

« TROUBADOUR » est né, il a cherché sa voie.

Il l’a trouvée, il grandit, il s’étend… Demain, il sera le grand périodique des jeunes.

Mes amis les instituteurs ne lui feront jamais assez bon accueil.

M. GODERNIAUX.

Inspecteur Général de l’Enseignement Primaire.

TROUBADOUR

MENSUEL POUR LES JEUNES

Nous n’oublierons jamais ce cri d’alarme poussé par un jeune conférencier français :

« Les journaux illustres empoisonnent la jeunesse d’aujourd’hui ».

C’était en mai I955, dans une salle de cinéma d’essai du Ministère de l’instruction publique.

Dès les premières images du film (une histoire de Superman), nous fûmes bouleversés. Etait-ce là la nourriture dont nous gavions les jeunes de chez nous?

Ruse et force brutale des héros, sensualité ou cruauté féminine, bassesse et lâcheté des hommes de couleur. De gros plans faisaient ressortir le caractère à la fois vulgaire et impressionnant de chacun des dessins. L’histoire tenait en haleine, née de l’imagination la plus téméraire. Quel écœurement devant tant de laideur et surtout devant tant d’habileté diabolique?

« Le voilà le poison! », pensions-nous.

Et qu’y‘ trouver à redire ? Le bon l’emporte toujours sur le méchant! La morale en apparence, est sauve ! Mais le trouble qui s’éveille dans l’âme des enfants devant ces images de tortures, d’absurdes passions, ce trouble n’est-il pas insidieux, ne va-t-il pas fausser les plus saines notions, grandir et provoquer des lésions inguérissables?

Et nous, les éducateurs, comment réagirions-nous?

Pour nous, ce fut un choc, une prise de conscience.

Mais comment lutter?

Un moyen : entrer en lice à son tour avec les meilleures armes, le courage, l’amour, l’honnêteté et lancer un journal. L’entreprise est audacieuse, nos moyens financiers quasi nuls, mais nous décidons d’agir et nous réalisons le « TROUBADOUR »

Le voici ! Sa tâche est difficile et pour vivre, « TROUBADOUR » a besoin d’amis qui contribuent à son essor, qui l’aident dans sa lutte, une lutte passionnante pour nous, pour vous, pour tous ceux qui aiment les jeunes.

Comité de rédaction : A. et F. LENGER.

M. L. VALENTIN.

P. VINCK.

C’est en avril 1956, avec le premier numéro de TROUBADOUR qu’une petite équipe d’éducateurs, petite mais follement téméraire, lançait cette lettre émouvante.

Né d’un grand élan d’enthousiasme, de confiance et d’amitié à l’égard de la jeunesse actuelle, un journal pas comme les autres prenait son élan.

Réalisé à l’aide de moyens financiers pratiquement nuls et par une équipe extrêmement réduite, dispersée, de plus, aux quatre coins du pays. TROUBADOUR devait pourtant vivre.

Et s’améliorer!

Vous ne serez pas nécessairement d’accord avec TROUBADOUR. Il présente des lacunes.

Vous le trouverez peut-être inaccessible, trop sérieux, trop maigre; vous penserez sans doute qu’il y manque des dessins et des photos en couleur, qu’une parution mensuelle est insuffisante.

Je partage ce point de vue.

Les jeunes ont besoin d’un périodique qu’ils retrouvent fréquemment avec plaisir : un périodique copieux et riche, généreusement agrémenté d’illustrations en couleurs; un périodique où ils puissent trouver, sous une forme vivante et attrayante, mais de haute qualité, des articles et des chroniques répondant à leurs multiples intérêts : sciences, explorations, aventures, voyages, contes, chroniques littéraires, musicales, artistiques, techniques… etc.

Ce beau rêve est à l’aube de la réalité.

Il dépend de peu de chose.

Le journal existe; une équipe existe qui, modestement mais avec un fougueux idéalisme, le pousse en avant.

Qu’une partie seulement des éducateurs de bonne volonté décide d’agir et le miracle s’accomplit. Que ceux qui tentent d’inculquer à leurs jeunes élèves le sens de la coopération s’unissent en un vaste et généreux mouvement coopératif et les jeunes seront dotés du plus beau périodique qu’ils méritent.

La modeste moyenne de trois à quatre abonnements par commune suffirait à assurer des améliorations spectaculaires de TROUBADOUR. L’expérience prouve que l’élite des jeunes apprécie et aime déjà TROUBADOUR dans sa forme actuelle. L’avis autorisé de nombreux éducateurs de marque prouve qu’ils n’ont rien à y perdre. Que les éducateurs soucieux de l’avenir culturel des jeunes qui leur sont confiés poussent les meilleurs de ceux-ci (et leurs parents !l) à souscrire un abonnement et la présentation du journal fait un bond en avant qui lui assure l’intérêt d’une nouvelle couche de lecteurs.

Je ne veux pas, devant des éducateurs, développer une argumentation en faveur d’une idée dont je les crois convaincus. Mon seul but est de vous exposer un problème et de vous en proposer une solution : un périodique pour jeunes existe et vous pouvez contribuer à en faire la plus belle revue que méritent les jeunes et l’Enseignement officiel.

Mon espoir est que, ou bien vous adopterez la solution proposée, ou bien vous nous en proposerez une meilleure!

« Et que deviennent les tout jeunes? » s’écrieront beaucoup d’instituteurs! Ne croyez-vous pas qu’il sera facile et peu coûteux, à partir d’un journal bien installé, d’éditer un numéro pour les cadets? Cet aspect du problème ne mérite-t-il pas votre considération?

J’aurai le plus grand plaisir à répondre à tous ceux d’entre vous qui désireront connaître de plus près TROUBADOUR, son équipe et leurs problèmes.

Alfred BRUNEL

65, rue G. Mobile

Havré.