Extrait tiré du T.U. de 1976

IMG_0016Vous, mes amis, mes souvenirs …

A ma rentrée en 1947, je devais retrouver une autre mentalité, une autre école.

Monsieur le Directeur JEUNIAUX avait donné un style plus humain à la discipline et Monsieur le Directeur PIRET, depuis 1944, parachevait l’œuvre ainsi commencée.

Pour ceux qui ne possèdent pas la collection complète des “Trait d’Union” je voudrais revenir sur un vieil article qui campe très bien le climat de ces années

 

LE TRAIT D’UNION du 1.1.50 :                                      ” A l’école “

Septembre, avec son soleil obstiné, a rendu bien malaisé “l’embrayage” de cette année scolaire.

Au jour de la rentrée, les fronts hâlés, les regards empreints de cette nostalgie particulière, que laissent deux mois de vacances et d’évasions … tout semblait dire :

” Quoi”? Déjà la rentrée !!…Quelle mauvaise plaisanterie !!…”. Et cependant les valves offraient déployés et flambants neufs, les horaires de 1949-1950. Et pour bien montrer que la reprise était brusque, immédiate et totale, on avait brutalement affiché les programmes d’activités éducatives et les tableaux des leçons modèles et didactiques. Tout était prêt. Il fallait s’y remettre. Et tout le monde, avec un grand soupir résigné avait renoué le fil des tâches journalières en attenant les premières pluies d’automne qui effacent tous les regrets.

L’internat, qui végétait depuis la guerre, voit sa population atteindre la centaine et notre économe s’en réjouit, heureux d’abandonner ces acrobaties budgétaires qui lui permettaient de nouer les deux bouts.

Peu d’incidents au cours de ce premier et très long trimestre, mais on ne peut passer sous silence un événement, que j’appelle, sans plagier ni Debroka ni L.F. Céline, “La Bataille auteur d’un Squelette”.

Ancien ! Te souvient-il du squelette humain, qu’irrévérencieusement nous appelions “Baptiste” et qui pendait, jauni et miséreux, à sa potence, dans un coin de la salle de physique ?

Ce squelette et la chouette empaillée qui trônait sur une armoire proche, me faisaient d’ailleurs penser, chaque fois que je pénétrais dans cette salle à l’antre d’une quelconque “Madame Anita”.

Or donc, “Baptiste” dont tant de générations avaient studieusement admiré la structure, se faisait vieux… C’est une image hardie mais juste, il avait perdu un tibia… deux os du tarse… quelques dents.

Monsieur DESSART en était désespéré et, en septembre dernier, avait commandé un “Baptiste” N° 2.

De son côté, Monsieur COURTOIS, notre instituteur en chef à l’école d’application, jugeant ce matériel didactique indispensable, avait, à la même date, passé commande, lui aussi, d’un squelette humain.

D’autre part, vous ne trouverez rien d’inso1ite ä ce que M. GAIE, professeur de gymnastique, au courant des deux commandes et fatigué de donner ses cours de théorie sans intuition convenable, attende patiemment en allant de temps à autre jeter un coup d’œil de convoitise sur le vieux “Baptiste”.

Un de ces derniers-jours, une caisse arrive à l’école. “Monsieur COURTOIS, flairant l’aubaine, emporte le colis dans sa classe et en extrait un magnifique “Baptiste 2”, beau, blanc, frais, jeune. Bref, un squelette à faire envie au plus irréductible des littéraires.

Monsieur GAIE, apprenant la chose, s’empare du vieux “Baptiste“ qui pendait paisiblement dans son coin et, sans oublier un os, l’emporte dans la salle de théorie du gymnase.

Monsieur DESSART constate le rapt, enquête, s’emporte et … vous devinez le reste.

Le résultat, c’est que les deux squelettes attendent qu’un nouveau Salomon vienne régler leurs destins.

Voilà l’histoire de la “Bataille autour d’un squelette” ou ” Les trois vautours ” drame à cinq personnages qui se déroule à l’école normale.

Il y a aussi dans l’air de grands… de très grands projets. Ils sont relatifs à la fête qui va marquer le 75ème anniversaire de l’école. C’est pour 1951, mais on prévoit une nouvelle activité du Comité des Anciens qui fera revenir vers l’E.N. tous ceux qui semblent l’avoir oubliée.

Ancien,

Nous allons fouiller les archives, remuer la poussière, nous battre contre de vieux ressentiments et empoisonner ta vie à coup de lettres et de stencils.

Ancien,

Toi qui lis le ” Trait d’Union “, aide-nous. Deviens un propagandiste de la revue de l’Eco1e Normale… de la revue de ton école.

Jean BURRION.

 

N.D.L.R. :

…… Rien de nouveau sous le soleil ……